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ravageurs

Cochenilles du figuier

Fiabilité : haute

Cochenilles du figuier

En bref. Les cochenilles (Hemiptera, Coccoidea) sont des ravageurs polyphages dont au moins 6 espèces sont régulièrement documentées sur figuier. Ceroplastes rusci est aussi un vecteur biologique confirmé du virus FLMaV-1 (Yorganci & Açikgöz 2019). Au-delà de l’affaiblissement par ponction de sève, elles excrètent le miellat sur lequel se développe la fumagine. Lutte par auxiliaires (Cryptolaemus, Metaphycus) + huiles minérales hivernales.

Les cochenilles (Hemiptera, super-famille Coccoidea) constituent un ensemble de ravageurs polyphages dont au moins six espèces sont régulièrement documentées sur figuier (Ficus carica). Leur importance dépasse le simple affaiblissement de l’arbre : l’une d’entre elles, Ceroplastes rusci, est aussi un vecteur biologique du virus FLMaV-1 documenté en 2019.

Principales espèces sur figuier

[ÉTABLI] Six espèces sont régulièrement signalées sur Ficus carica dans la littérature peer-reviewed et les bases entomologiques officielles (CABI, EPPO, EDIS Florida) :

EspèceFamilleCaractèreSpécifique fig ?Distribution
Ceroplastes rusci L.CoccidaeCochenille cireuse du figuier — la plus emblématiquePréférence figuierBassin méditerranéen, subtropical
Russellaspis pustulansAsterolecaniidaeCochenille à pustules — préférence figuier + laurier-rosePréférence figuierTropical, subtropical, Italie/Chypre/Malte
Saissetia oleaeCoccidaeCochenille noire de l’olivierPolyphageMéditerranéen
Planococcus citriPseudococcidaeMealybug des citrus (cochenille farineuse)PolyphageCosmopolite
Pseudaulacaspis pentagonaDiaspididaeCochenille blanche du pêcher (anciennement Diaspis pentagona)PolyphageOriginaire Asie E., introduite mondialement
Icerya purchasiMonophlebidaeCochenille australiennePolyphageCosmopolite

[ÉTABLI] Ceroplastes rusci est la cochenille la plus emblématique du figuier — c’est elle qui apparaît dans la littérature spécialisée fig depuis Condit 1955, et c’est le seul vecteur biologique de virus confirmé.

[ÉTABLI] Russellaspis pustulans est peu connue mais mérite d’être surveillée : pest categorisation EFSA 2022 mentionne sa préférence marquée pour le figuier et le laurier-rose parmi les 69 familles botaniques qu’elle peut infester. Signalements EU à Chypre, Italie, Malte.

Focus : Ceroplastes rusci (cochenille cireuse du figuier)

[ÉTABLI] Biologie (étude algérienne référence sur 4 ans à Médéa, et fiche CABI/EDIS Florida) :

  • 2 générations par an (cycle bivoltin) : génération automnale + génération printanière
  • Maximum d’oviposition à l’automne : jusqu’à 760 œufs par femelle
  • Hivernage sous forme de femelles adultes + larves de 2e stade fixées sur l’écorce
  • Femelle adulte : 4-5 mm long × 3-4 mm large, forme hémisphérique caractéristique
  • Structure cireuse à 9 plaques : 1 centrale + 8 latérales, blanc rosé sale, chaque plaque avec un point blanc central
  • Mâles : ailés, courte durée de vie, ne se nourrissent pas

[ÉTABLI] Cycle d’infestation :

  1. Femelles fécondées hivernent sur écorce (rameaux 2-3 ans)
  2. Ponte sous le bouclier cireux protecteur au printemps
  3. Émergence des larves mobiles (« crawlers ») qui se dispersent par vent + transport mécanique + fourmis
  4. Fixation des crawlers sur jeunes feuilles, rameaux verts, parfois fruits
  5. Mues successives → adultes → nouvelle ponte automne
  6. Cycle redémarre

[ÉTABLI] Rôle de vecteur viral : C. rusci est documenté comme vecteur biologique de FLMaV-1 (Fig Leaf Mottle-Associated Virus 1) sur figuier (Yorganci & Açıkgöz 2019, Turkish Journal of Agriculture and Forestry). Voir Fig Mosaic Disease. C’est à ce jour le seul vecteur biologique formellement identifié pour un des virus du complexe FMD en dehors de l’acarien Aceria ficus.

Symptômes et impact

[ÉTABLI] Manifestations communes à toutes les espèces :

  • Pustules cireuses sur rameaux, axe des feuilles, parfois pédoncules des fruits
  • Miellat collant abondant — gouttelettes sucrées tombant sous l’arbre, signe pathognomonique
  • Fumagine (champignons saprophytes Cladosporium spp., Capnodium spp.) qui se développent sur le miellat — feuillage et fruits noircis, photosynthèse réduite
  • Affaiblissement progressif : feuilles chlorotiques, croissance ralentie, pousses raccourcies
  • Dépréciation commerciale des fruits : présence visible de cochenilles ou fumagine → invendables en frais
  • Mortalité de jeunes rameaux en infestations massives

[ÉTABLI] Effet d’affaiblissement systémique : un arbre fortement infesté devient plus susceptible aux chancres fongiques opportunistes (Botryosphaeria et complexe canker) et aux maladies foliaires. Les cochenilles sont rarement létales seules mais multiplient les vulnérabilités.

Gestion intégrée

Surveillance préventive

[ÉTABLI] - Inspection régulière face inférieure des feuilles, aisselles foliaires, écorce des rameaux 2-3 ans (zones préférentielles)

  • Détection précoce des crawlers au printemps — phase la plus vulnérable du cycle, fenêtre d’intervention optimale
  • Surveillance des fourmis : présence de fourmis sur l’arbre = signal d’alerte (elles protègent les cochenilles)

Lutte mécanique

[ÉTABLI] Efficace en cas d’infestation localisée :

  • Brossage à la brosse douce des troncs et grosses branches en hiver (élimine femelles hivernantes)
  • Élagage rapide des parties très infestées avec brûlage des résidus (ne pas composter)
  • Lavage à l’eau savonneuse sur jeunes plants

Lutte biologique

[ÉTABLI] Auxiliaires documentés pour les Coccoidea du figuier :

  • Cryptolaemus montrouzieri (« mealybug destroyer ») : coccinelle prédatrice, très efficace contre Planococcus et autres pseudococcides, surtout en serre/véranda
  • Chilocorus nigritus et C. bipustulatus : prédateurs spécialisés diaspines (Pseudaulacaspis)
  • Anagyrus pseudococci : hyménoptère parasitoïde de Planococcus citri
  • Metaphycus spp. : parasitoïdes des Coccidae (efficaces contre Saissetia)
  • Chrysopes (Chrysoperla carnea) : prédateurs généralistes des stades larvaires
  • Coccinelles indigènes (Chilocorus, Adalia) : à préserver absolument

[ÉTABLI] Lutte contre les fourmis (Linepithema humile fourmi argentine notamment) : indispensable car les fourmis protègent activement les cochenilles du miellat des prédateurs naturels. Barrières physiques (glu autour du tronc, Tanglefoot), pièges, élimination des nids.

Lutte chimique

[ÉTABLI] Options homologuées (vérifier réglementation locale, particulièrement en France où le figuier a peu d’homologations spécifiques) :

  • Huile blanche paraffinique en fin d’hiver (sortie de dormance) — traitement de référence, étouffe les femelles hivernantes ; sans rémanence donc sans impact sur auxiliaires
  • Savon noir au printemps sur les crawlers mobiles — efficace sur stades non protégés par le bouclier cireux
  • Pyrèthres naturels (pyrèthre + pipéronyle butoxide) : court terme, à réserver aux infestations massives
  • Azadirachtine (extrait d’huile de neem) : régulateur de croissance, efficace sur crawlers
  • Insecticides systémiques : non recommandés pour figuier (souvent non homologués, et impact biodiversité)

Mesures culturales

[ÉTABLI] - Éviter sur-fertilisation azotée — l’azote excédentaire stimule la croissance végétative tendre, plus attractive et nutritive pour les cochenilles

  • Aération de la canopée par taille adaptée — limite le microclimat humide favorable
  • Privilégier irrigation goutte-à-goutte plutôt que aspersion — réduit humidité prolongée des organes
  • Inspection à l’achat : tout plant introduit doit être vérifié pour absence de cochenilles avant plantation

Diagnostic différentiel

[ÉTABLI] Distinction utile en cas d’infestation observée :

CaractèreC. rusciSaissetia oleaePlanococcus citriPseudaulacaspis
FormeHémisphérique, 4-5 mmHémisphérique noire, 3-5 mmOvale farineuseBouclier blanc plat
CouleurBlanc cireux à 9 plaquesNoir brillant, “H” en reliefBlanc cotonneuxBlanc / brun
LocalisationRameaux + face inf. feuillesRameaux + branchesAisselles, sous-écorceÉcorce, fruits
MiellatAbondantAbondantAbondant (laine)Faible
Vecteur virusFLMaV-1 documentéNon documentéNon documentéNon documenté

Voir aussi

Sources

Publications scientifiques peer-reviewed

  1. Yorganci, S., & Açıkgöz, S. (2019). Transmission of fig leaf mottle-associated virus 1 by Ceroplastes rusci. Turkish Journal of Agriculture and Forestry / ResearchGate — démonstration formelle du rôle de vecteur viral. Lien ResearchGate

  2. Kheloul, L., Bensaad, R., et al. Biology of Ceroplastes rusci L. (Coccoidea: Lecanidae) on fig tree, Ficus carica L. in the area of Médéa (Algeria). Étude algérienne de référence sur le cycle bivoltin et l’oviposition automnale (jusqu’à 760 œufs). Lien Academia

  3. EFSA Panel on Plant Health (2022). Pest categorisation of Russellaspis pustulans. EFSA Journal. PMC : PMC9164144 — caractérisation EU avec mention de la préférence pour Ficus carica et Nerium oleander.

Sources institutionnelles et bases entomologiques

  1. CABI CompendiumCeroplastes rusci (fig wax scale). DOI : 10.1079/cabicompendium.12352. Référence taxonomique et de distribution.

  2. University of Florida — EDIS : Fig Wax Scale, Ceroplastes rusci (Linnaeus) (Insecta: Hemiptera: Coccoidea: Coccidae). EENY-187 / IN344. edis.ifas.ufl.edu/publication/IN344. Fiche technique de référence en agronomie tropicale.

  3. CDFA — California Department of Food and Agriculture (2025). Ceroplastes rusci (L.): Fig wax scale — Pest Rating Proposals and Final Ratings. Lien CDFA blog

Sources secondaires

  1. Akşit, T., & Çakmak, I. (2022). Arthropod pests and nematodes associated with Ficus carica. In: Zeynel D. (Ed.) Ficus carica: production, cultivation and uses. Nova Science Publishers. Chapitre de référence sur les ravageurs du figuier.

  2. Condit, I.J. (1955). Fig varieties: a monograph. Hilgardia, 23(11). Première mention systématique des cochenilles dans la pomologie figue moderne.

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