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Fumagine du figuier

Fiabilité : haute

Fumagine du figuier — moisissure noire saprophyte sur miellat

En bref. La fumagine n’est pas une maladie en soi mais un symptôme révélateur : moisissures noires saprophytes qui colonisent le miellat excrété par des insectes piqueurs-suceurs (cochenilles surtout). Aucune pénétration dans les tissus végétaux. Traiter la fumagine sans traiter les cochenilles est inefficace. Voir la fiche cochenilles-figuier pour la cause primaire.

La fumagine (sooty mold) est une moisissure noire superficielle qui colonise les organes aériens du figuier (feuilles, branches, fruits) en se développant sur le miellat excrété par les insectes piqueurs-suceurs (cochenilles, pucerons, aleurodes). C’est un complexe saprophyte non parasitaire : les champignons ne pénètrent pas les tissus végétaux et ne tirent aucun nutriment de l’hôte. Sa présence sur figuier est un symptôme révélateur d’une infestation primaire d’insectes producteurs de miellat — généralement des cochenilles. Traiter la fumagine sans traiter l’infestation primaire est inefficace.

Pour la lutte de fond, voir directement la fiche cochenilles-figuier.

Agents

[ÉTABLI] La fumagine est causée par un complexe polyphylétique de champignons saprophytes (Chomnunti et al. 2014, Mycosphere). Sur figuier, les genres principaux documentés sont Capnodium, Cladosporium, Aureobasidium pullulans (levure noire généraliste), et occasionnellement Aspergillus niger sur figues très mûres ou tombées. Aucun de ces champignons ne possède d’enzymes de dégradation pariétale — ils restent strictement épiphytes.

Cycle — entièrement dépendant du miellat

[ÉTABLI]

  1. Insectes piqueurs-suceurs (cochenilles principalement chez le figuier) excrètent un miellat sucré sur les feuilles et les branches.
  2. Spores aériennes des champignons saprophytes (omniprésentes dans l’air ambiant) se déposent sur le miellat humide.
  3. Germination et colonisation : les hyphes brun-noir forment une couche feutrée noire sur la surface.
  4. Persistance : tant que le miellat est renouvelé par les insectes, la couche fongique s’épaissit et s’étend.

Sans miellat, pas de fumagine — c’est la règle absolue.

Symptômes

[ÉTABLI]

  • Couche feutrée noire mate sur la face supérieure des feuilles (le miellat tombe depuis les insectes situés sur la face inférieure ou en hauteur).
  • Branches et tronc parfois recouverts d’un dépôt noir feutré.
  • Fruits qui paraissent « sales », décote commerciale.
  • Réduction photosynthétique documentée chez agrumes : 44 à 74 % de réduction du PPFD (Camargo et al. 2023, Sensors) — transposable au figuier.

[ÉTABLI] Test diagnostique simple : le dépôt noir s’enlève facilement au frottement (chiffon humide ou ongle) — caractère distinguant la fumagine des taches noires fongiques pénétrantes (anthracnose, Asteroma, Cercospora).

Insectes primaires associés sur figuier

[ÉTABLI] Les principaux producteurs de miellat sur F. carica sont les cochenilles : Ceroplastes rusci (cochenille de Tunis), Saissetia oleae (cochenille noire de l’olivier), Planococcus citri (pseudococcide). Voir la fiche cochenilles-figuier pour les protocoles spécifiques de lutte.

Plus marginaux : pucerons (Aphis spp.), aleurodes (Bemisia tabaci émergent en climats chauds).

Gestion

Lutte indirecte — traiter la cause primaire (stratégie n°1)

[ÉTABLI] Stratégie décisive : contrôler les insectes piqueurs-suceurs.

  • Lutte biologique par auxiliaires : coccinelles Cryptolaemus, Chilocorus ; parasitoïdes Anagyrus, Metaphycus.
  • Huiles minérales hivernales pour cochenilles.
  • Suppression des fourmis associées (relation mutualiste fourmis-cochenilles : les fourmis protègent les cochenilles contre leurs prédateurs en échange du miellat). Bandes engluées au tronc pour empêcher leur remontée.

Lutte directe — nettoyage mécanique

[ÉTABLI]

  • Lavage à grande eau sous pression douce pour décoller la couche feutrée.
  • Pulvérisation savonneuse (savon noir 2 % ou liquide vaisselle dilué) — facilite le détachement et reste compatible avec l’agriculture biologique.
  • Élimination des feuilles très atteintes par taille d’aération.

Pas de fongicide nécessaire

[ÉTABLI] Aucun fongicide n’est nécessaire ou recommandé contre la fumagine. Sans miellat, la fumagine disparaît naturellement en 1 à 3 mois. Les bouillies cupriques utilisées contre d’autres pathologies peuvent réduire incidemment la croissance des saprophytes mais ne sont pas la solution causale.

Voir aussi

Sources

  1. Chomnunti, P., Hongsanan, S., Aguirre-Hudson, B., et al. (2014). The sooty moulds. Mycosphere, 5(3), 415–448. DOI : 10.5943/mycosphere/5/3/4 — synthèse taxonomique de référence.

  2. Reynolds, D.R. (1999). Capnodium citri: the sooty mold fungi comprising the taxon concept. Mycopathologia, 148(3), 141–147. DOI : 10.1023/A:1007170504903.

  3. Hughes, S.J. (1976). Sooty moulds. Mycologia, 68(4), 693–820. DOI : 10.2307/3758800 — monographie fondatrice du domaine.

  4. Hoffman, M.T., Doud, M.S., Williams, L., et al. (2013). Diverse honeydew-consuming fungal communities associated with scale insects. PLOS ONE, 8(7), e70454. DOI : 10.1371/journal.pone.0070454 — diversité du cortège fongique.

  5. Camargo, R.R., Catellan, G.P., et al. (2023). Sooty Mold Detection on Citrus Tree Canopy Using Deep Learning Algorithms. Sensors, 23(20), 8538. DOI : 10.3390/s23208538 — quantification de la réduction du PPFD.

  6. University of California IPM (2024). Sooty Mold. UC ANR Home and Landscape. URL : ipm.ucanr.edu/home-and-landscape/sooty-mold.

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