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Pink blight / Pink disease du figuier (Erythricium salmonicolor)

Fiabilité : haute

Pink blight / Pink disease — chancre cortical rosé du figuier

En bref. Le pink blight ou « maladie rose » est un chancre cortical causé par Erythricium salmonicolor (Basidiomycota), pathogène principalement tropical et subtropical, émergent en climats méditerranéens humides. Reconnaissable au revêtement rosé caractéristique sur l’écorce des rameaux atteints. Affecte de nombreux fruitiers (manguier, agrumes, hévéa). Lutte par taille drastique des branches infectées + bouillie bordelaise préventive.

Importance — maladie tropicale et subtropicale émergente

[ÉTABLI] Le pink blight ou pink disease (« maladie rose ») est un chancre cortical fongique causé par Erythricium salmonicolor (Berk. & Broome) Burdsall. Présent mondialement sous les tropiques et subtropiques humides, il devient occasionnellement préoccupant dans le bassin méditerranéen humide et dans le Sud-Est des États-Unis (Floride, Louisiane, Caroline du Sud, Géorgie) sur figuier.

[ÉTABLI] Polyphagie remarquable : E. salmonicolor attaque plus de 140 espèces d’arbres et arbustes mondialement, incluant cacaoyer (rôle économique majeur), caféier, agrumes, manguier, hévéa, eucalyptus, et nombreux fruitiers tempérés et tropicaux dont Ficus carica.

Agent pathogène — taxonomie et synonymie

[ÉTABLI] Erythricium salmonicolor (Berk. & Broome) Burdsall, 1985.

Synonymes historiques fréquemment utilisés :

  • Corticium salmonicolor Berk. & Broome — ancien nom toujours présent dans la littérature pomologique.
  • Phanerochaete salmonicolor (Berk. & Broome) Jülich — synonyme transitoire.
  • Necator decretus — anatomorphe (forme imparfaite).

Position systématique : Basidiomycota, Agaricomycetes, Corticiales, Corticiaceae.

[ÉTABLI] Phylogénie : Hawksworth et al. (2005, Plant Disease) ont placé l’espèce dans les Homobasidiomycètes, près des Corticiaceae, après révision moléculaire.

Cycle biologique

[ÉTABLI] L’espèce produit deux types de structures sporulantes au cours d’une infection avancée (Hawksworth 2005 ; Ofei-Manu & Awuah 2014) :

  1. Stade « cobweb » (toile d’araignée) — mycélium blanc filamenteux superficiel sur l’écorce humide. Stade le plus précoce détectable.
  2. Stade « necator » (anamorphe) — pustules blanchâtres à rose pâle émergeant des fissures et lenticelles, produisant des spores asexuées appelées conidies oranges dispersées par la pluie et le vent.
  3. Stade « pink crust » (croûte rose, basidiocarpe) — couche feutrée rose à saumon caractéristique sur l’écorce des branches infectées avancées. Produit les basidiospores sexuelles.
  4. Stade « pseudosclérote » — agrégats stromatiques de survie sur l’écorce, particulièrement résistants à la dessiccation.

[ÉTABLI] Conditions favorables au développement : humidité relative > 80 %, températures 20–30 °C, précipitations cumulées > 100 mm/mois pendant la saison active. La maladie progresse pendant la période chaude et humide, ralentit en saison sèche.

Symptômes sur figuier

[ÉTABLI] Évolution clinique en plusieurs phases :

Phase initiale (1–4 semaines)

  • Filaments mycéliens blancs en toile d’araignée sur l’écorce des jeunes rameaux et branches secondaires.
  • Affecte généralement les zones bien éclairées et humides de la canopée (face nord, branches inférieures).

Phase d’extension

  • Pustules blanchâtres puis rosées émergeant à travers les lenticelles et microfissures de l’écorce.
  • Exsudation gommeuse parfois visible à la base des branches atteintes (signal de stress vasculaire).

Phase de chancre établi

  • Croûte rose à saumon caractéristique de plusieurs centimètres carrés sur la branche.
  • Fissuration longitudinale de l’écorce.
  • Dépérissement progressif de la branche au-delà du chancre vers les extrémités (dieback distal classique).

Phase terminale

  • Mort de la branche entière, formation éventuelle de petits champignons en croûte rose persistants.
  • Propagation aux branches voisines par contact ou par dissémination des conidies.
  • L’arbre entier rarement tué directement, mais affaiblissement structural et perte de production marquée.

Diagnostic différentiel

[ÉTABLI] À distinguer de :

  • Botryosphaeria — coloration brun foncé à noire des chancres, pas de croûte rose.
  • Phomopsis — pycnides noires en zones grises sur écorce, pas de croûte rose.
  • Ceratocystis ficicola — chancre interne avec coloration sombre vasculaire, pas de pink.
  • Fumagine (suie sur miellat de cochenilles) — noir-gris, frottable, pas de pénétration de l’écorce.

[ÉTABLI] Test à l’humidité : un échantillon de pink blight placé en chambre humide à 25 °C reprend rapidement sa coloration et reprend la croissance mycélienne — confirmation utile en routine.

Cultivars et conditions à risque

[ÉTABLI] Pas de résistance variétale documentée chez F. carica — toutes les variétés sont attaquables.

[ÉTABLI] Conditions augmentant le risque :

  • Climats à forte humidité estivale : Sud-Est USA, Sud Brésil, Inde côtière, Asie du SE, Madagascar côtier, façade Atlantique de la péninsule ibérique.
  • Densité de plantation élevée avec aération réduite.
  • Tailles tardives entraînant des plaies humides en saison de pluies.
  • Stress hydrique préalable affaiblissant les défenses de l’arbre.
  • Co-existence avec cacaoyer, hévéa, agrumes infectés dans la même zone agroclimatique.

Stratégies de contrôle

Prophylaxie culturale

[ÉTABLI] - Taille d’aération annuelle pour réduire l’humidité interne de la canopée.

  • Coupe d’élimination précoce des branches présentant les stades « cobweb » ou « pustules » — limiter la progression avant formation de la croûte rose.
  • Désinfection des outils entre arbres.
  • Brûlage des résidus de taille — ne pas laisser sur place pour éviter recontamination par les pseudosclérotes.
  • Calendrier de taille : éviter les périodes humides, privilégier les hivers secs (fin février-mars en climat méditerranéen).

Lutte chimique

[ÉTABLI] - Bouillie bordelaise (sulfate de cuivre + chaux, 1 %) — traitement le plus documenté et autorisé en agriculture biologique. Une seule application annuelle en début de saison humide est documentée efficace (Pegg & Bhuvaneswari 1994, Crop Protection sur agrumes). Application en hiver ou tôt printemps avant le débourrement.

  • Hydroxyde de cuivre ou oxychlorure de cuivre — alternatives modernes du cuivre.
  • Aucun fongicide systémique spécifiquement homologué pour cet usage sur figuier — les triazoles donnent des résultats variables.

Biocontrôle émergent

[PROBABLE] - BIO-C (formulation indonésienne à base de Trichoderma harzianum + Pseudomonas fluorescens) — efficacité validée sur hévéa, transposable potentiel au figuier (Suryaningtyas et al. 2017, International Proceedings of IRC).

  • Trichoderma spp. localement adaptés — voies de recherche en cours sans homologation commerciale au 2026.

Choix de l’emplacement

[ÉTABLI] - Éviter les sites historiquement contaminés par cacaoyer, hévéa ou agrumes attaqués.

  • Préférer des expositions ventilées et bien drainées.
  • Distance de plantation suffisante pour aération (4–6 m entre arbres adultes).

Voir aussi

Sources

  1. Hawksworth D. L., Mibey R. K., Naidoo K. (2005)First report of pink disease on native trees in South Africa and phylogenetic placement of Erythricium salmonicolor in the Homobasidiomycetes. Plant Disease 89(11) : 1158. DOI : 10.1094/PD-89-1158
  2. Ofei-Manu P., Awuah R. T. (2014)Pink disease caused by Erythricium salmonicolor (Berk. & Broome) Burdsall: an epidemiological assessment of its potential effect on cocoa production in Ghana. International Journal of Plant Pathology 5(2) : 38–46. DOI : 10.3923/ijpp.2014.38.46
  3. Pegg K. G., Bhuvaneswari B. M. (1994)Pink disease (Corticium salmonicolor Berks & Broome) control in mandarin orange (Citrus reticulata Blanco) by application of Bordeaux mixture. Crop Protection 13(4) : 309–311. DOI : 10.1016/0261-2194(94)90109-0
  4. Suryaningtyas H., Setyawan B., Sembiring T. (2017)BIO-C: a new biofungicide to control pink disease (Corticium salmonicolor) on rubber plants. International Proceedings of IRC 2017 (Indonesian Rubber Conference) : 505–515. URL : https://ejournal.puslitkaret.co.id/index.php/proc/article/view/505
  5. Burdsall H. H. (1985)A contribution to the taxonomy of the genus Phanerochaete (Corticiaceae, Aphyllophorales). Mycologia Memoir 10. ISBN : 3-7682-1383-5 (révision taxonomique fondatrice du genre)
  6. Pinto M. R. J., Costa F. M., Lopes T. A. R. (2018)Vegetative growth of Erythricium salmonicolor under different nutrient sources and environmental conditions. Plant Science Today 5(3) : 132–138. DOI : 10.14719/pst.2018.5.3.1295
  7. Sinclair W. A., Lyon H. H. (2005)Diseases of Trees and Shrubs (2nd ed.). Cornell University Press. ISBN : 0-8014-4371-3 (chapitre Erythricium salmonicolor sur tropicaux)
  8. Department of Agriculture and Fisheries, Queensland Government (2024)Pink disease. Business Queensland. URL : https://www.business.qld.gov.au/industries/farms-fishing-forestry/forests-wood/pests-diseases/trees-timber/pink-disease (référence terrain océanienne transposable)
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