Cerotelium fici vs Phakopsora nishidana — clarification taxonomique
Fiabilité : haute
Cerotelium fici vs Phakopsora nishidana — clarification taxonomique de la rouille du figuier
En bref. La « rouille du figuier » a été attribuée mondialement pendant un siècle à Cerotelium fici, mais la révolution phylogénétique 2022-2024 montre que l’agent réel est Phakopsora nishidana S. Ito 1929. Cette fiche est un dispatcher taxonomique court pour interpréter correctement les sources bibliographiques anciennes vs récentes. Pour la biologie de la maladie, voir la fiche rouille-figuier.
Cette fiche est un dispatcher taxonomique court. Elle explique pourquoi la rouille du figuier, attribuée depuis 1927 à Cerotelium fici, est en réalité causée le plus souvent par Phakopsora nishidana, et comment interpréter les sources bibliographiques anciennes. Pour la biologie de la maladie elle-même, voir la fiche principale rouille-figuier.
Le quiproquo en bref
[ÉTABLI] Pendant près d’un siècle, la rouille du figuier a été attribuée mondialement à Cerotelium fici (Castagne 1851 ; Doidge 1927) sur base morphologique uniquement. La révolution phylogénétique 2022-2024 (Aime et al., trois publications successives) a montré que les isolats prélevés en Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande et plusieurs régions sont en réalité Phakopsora nishidana S. Ito 1929, décrite à l’origine au Japon sur Ficus erecta et longtemps considérée comme distincte mais marginale.
Différenciation morphologique des deux genres
[ÉTABLI]
| Critère | Cerotelium fici | Phakopsora nishidana |
|---|---|---|
| Famille | Phakopsoraceae | Phakopsoraceae |
| Description originale | Castagne 1851, France | Ito 1929, Japon |
| Urédospores | Paroi épineuse uniforme | Paroi à zones tuberculées et fines |
| Téliospores | Unicellulaires, superficielles | Multilocellaires, sous-épidermiques |
| Cycle | Macrocyclique probable | Microcyclique réduit |
Diagnostic différentiel fiable au microscope optique 400× — la combinaison morphologique téliospores + cycle est diagnostique.
Distribution actuellement confirmée par moléculaire
[ÉTABLI] Phakopsora nishidana est l’agent confirmé sur F. carica en :
- Afrique du Sud (Pretoria, Le Cap).
- Nouvelle-Zélande.
- Ficus pumila d’Afrique du Sud (extension d’hôte, Aime et al. 2024).
[INCERTAIN] La situation en Europe méditerranéenne (France, Italie, Espagne) reste à élucider — aucune étude moléculaire régionale post-2020 n’a été publiée à ma connaissance au 2026. Hypothèse : P. nishidana est probablement aussi l’agent dominant, mais C. fici sensu stricto pourrait persister localement.
Implication pratique pour les sources
[ÉTABLI]
- Articles avant 2020 mentionnant Cerotelium fici sur F. carica → à lire avec précaution, peut être P. nishidana à valider.
- Articles depuis 2020 → privilégier P. nishidana avec confirmation moléculaire.
- Citation correcte : « Phakopsora nishidana (anciennement attribué à Cerotelium fici avant les analyses phylogénétiques 2020-2024) ».
[INCERTAIN] Aucun cultivar de figuier n’est aujourd’hui reconnu comme résistant à la rouille (Cerotelium fici / Phakopsora nishidana). La résistance à cette maladie n’a pas été un objectif documenté du programme de sélection LSU AgCenter (LSU Gold, LSU Purple, LSU Tiger, Champagne, O’Rourke), qui visait avant tout l’adaptation au climat humide de Louisiane, l’œil fermé du fruit et la tolérance générale du feuillage. Certaines descriptions de pépinières prêtent à quelques-unes de ces variétés (ex. Champagne, LSU Purple) une tolérance relative aux maladies foliaires, mais aucune donnée expérimentale publiée ne valide une résistance spécifique à l’agent de la rouille, et aucune variété résistante ne semble commercialement disponible. La question de savoir si l’agent dominant est C. fici sensu stricto ou P. nishidana reste donc sans incidence pratique ici : il n’existe pas de résistance variétale établie à invoquer.
Voir aussi
- Rouille du figuier — fiche principale sur la biologie de la maladie
Sources
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Aime, M.C., McTaggart, A.R., Mostert, L., & Mohale, K. (2022). Fig rust caused by Phakopsora nishidana in South Africa. Phytopathologia Mediterranea, 61(2), 357–366. DOI : 10.36253/phyto-13034 — publication clé de la révision moderne.
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Aime, M.C., McTaggart, A.R., & Mostert, L. (2024). Phakopsora nishidana is the causal agent of rust on figs in New Zealand. Australasian Plant Disease Notes, 19, 22. DOI : 10.1007/s13314-024-00528-3.
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Aime, M.C., Mohale, K., & Mostert, L. (2024). First Report of Rust Caused by Phakopsora nishidana on Creeping Fig, Ficus pumila, in South Africa. Plant Disease, 108. DOI : 10.1094/PDIS-12-23-2794-PDN.
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Ito, S. (1929). Studies on the rust fungi of Japan. III. The species of Phakopsora in Japan. Journal of the Faculty of Agriculture, Hokkaido Imperial University, 26(2), 113–142. Description originale de P. nishidana.
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Doidge, E.M. (1927). A preliminary list of South African Uredinales. Bothalia, 2(2), 304–342. Référence historique de l’attribution erronée à C. fici.
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Castagne, L. (1851). Supplément au Catalogue des plantes qui croissent naturellement aux environs de Marseille. Description originale de Uredo fici, devenue Cerotelium fici.
Pour aller plus loin
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