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Oïdium du figuier (rare)

Fiabilité : moyenne

Oïdium du figuier — maladie rare et marginale

En bref. Maladie marginale chez le figuier, contrairement à ses cousins Ficus ornementaux. Les rares cas en plein air concernent surtout les pépinières sous serre humide non ventilée. La prévention culturale (aération, exposition lumineuse) suffit dans la quasi-totalité des cas. Aucun traitement chimique spécifique nécessaire — fongicides triazoles disponibles mais rarement justifiés.

L’oïdium ou powdery mildew est causé par des champignons ectoparasites obligatoires de la famille des Erysiphaceae (ordre Erysiphales, Ascomycota). Sur Ficus carica, c’est une maladie marginale — la plupart des collections françaises et méditerranéennes ne l’enregistrent pas dans leur portfolio sanitaire annuel. Cette fiche est volontairement courte : pour les enjeux pomologiques sérieux, voir les fiches dédiées à l’anthracnose et au Fig Mosaic Virus.

Quand l’oïdium apparaît-il sur figuier ?

[ÉTABLI] Les rares cas signalés concernent principalement :

  • Cultures sous serre chaude et humide (climats septentrionaux), notamment pépinière.
  • Plants en pépinière densément plantés en sur-ombre.
  • Ficus ornementaux d’intérieur (F. lyrata, F. benjamina) — beaucoup plus représentatif que F. carica.

[PROBABLE] L’absence relative d’oïdium sur figuier en plein air pourrait s’expliquer par les caractéristiques macromorphologiques des feuilles (pubescence importante, cuticule épaisse, latex caustique) — autant de propriétés défavorables aux mycéliums ectoparasites de surface.

Agents identifiés

[ÉTABLI] Plusieurs genres d’Erysiphales sont signalés sur les Ficus sans détermination spécifique systématique sur F. carica : Phyllactinia, Erysiphe, Pseudoidium. La littérature ornementale mentionne typiquement « Oidium sp. » faute de fructifications sexuées observables. La distinction au genre nécessite l’observation des chasmothécies (anciennement cléistothèces) — rare dans les cas figuier.

Biologie en bref

[ÉTABLI] Cycle classique des Erysiphales (Glawe 2008) : conidies dispersées par air → germination + appressorium → pénétration cuticulaire par haustorium → mycélium superficiel blanc-grisâtre → sporulation continue à 18–28 °C et 60–90 % HR sans eau libre.

[ÉTABLI] Caractéristique unique : les oïdiums sont inhibés par l’eau libre sur la feuille. Une pluie ou une aspersion régulière empêche leur développement. Ils prospèrent donc sous abri ventilé sec — exactement la situation d’une serre tempérée non ventilée.

Symptômes

[ÉTABLI]

  • Feutrage poudreux blanc à gris clair sur la face supérieure des feuilles, parfois aussi sur la face inférieure.
  • Texture farineuse, frottable au doigt.
  • Décoloration foliaire sous-jacente : jaunissement diffus, parfois nécroses ponctuelles.
  • Déformation foliaire possible chez plants jeunes : enroulement, gondolement.
  • Diagnostic différentiel : à distinguer de la fumagine (noir mate sur miellat) et de la pubescence anatomique naturelle de la face inférieure (trichomes normaux).

Gestion — culturale d’abord

[ÉTABLI] Dans la quasi-totalité des cas sur figuier, la prévention culturale suffit :

  • Aération maximale sous serre (lucarnes, ventilateurs, espacement).
  • Limiter l’humidité sans supprimer l’arrosage racinaire.
  • Éviter les apports azotés excessifs qui stimulent la pousse molle.
  • Exposition lumineuse maximale.
  • Élimination des feuilles fortement atteintes.

[ÉTABLI] Si traitement nécessaire, options ordonnées par préférence (et homologuées en bio) :

  • Soufre mouillable (Thiovit Jet®, Microthiol Spécial®) — référence historique. À utiliser hors période de forte chaleur (> 28 °C).
  • Bicarbonate de potassium (Armicarb® ou équivalent) — alternative douce, moins phytotoxique.
  • Ampelomyces quisqualis (AQ10®) — hyperparasite spécifique des Erysiphales, biocontrôle.

[ÉTABLI] Aucune homologation spécifique « oïdium-figuier » n’existe au 2026. Les fongicides triazoles (tébuconazole, myclobutanil) et strobilurines sont efficaces mais leur usage est rarement justifié vu la marginalité de la maladie.

Voir aussi

Sources

  1. Glawe, D.A. (2008). The powdery mildews: a review of the world’s most familiar (yet poorly known) plant pathogens. Annual Review of Phytopathology, 46, 27–51. DOI : 10.1146/annurev.phyto.46.081407.104740 — synthèse de référence.

  2. Braun, U., & Cook, R.T.A. (2012). Taxonomic Manual of the Erysiphales (Powdery Mildews). CBS Biodiversity Series No. 11. Utrecht. ISBN : 978-90-70351-89-2 — référence taxonomique mondiale.

  3. Takamatsu, S. (2004). Phylogeny and evolution of the powdery mildew fungi (Erysiphales, Ascomycota) inferred from nuclear ribosomal DNA sequences. Mycoscience, 45(2), 147–157. DOI : 10.1007/s10267-003-0159-3.

  4. Bettiol, W. (1999). Effectiveness of cow’s milk against zucchini squash powdery mildew. Crop Protection, 18(8), 489–492. DOI : 10.1016/S0261-2194(99)00046-0 — validation du lait comme alternative.

  5. University of Massachusetts CAFE (2024). Powdery Mildew. URL : umass.edu/agriculture-food-environment — fact sheet vulgarisée.

  6. Pirondi, A., Pérez-García, A., et al. (2017). Seasonal variations in the occurrence of powdery mildew sexual structures. European Journal of Plant Pathology, 148, 853–863. DOI : 10.1007/s10658-017-1183-z.

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